Je n’ai pas de patience…

Au travail, en famille ou en société, l’impatience peut nous gâcher la vie.




Au travail

C’est là que l’impatience est souvent vécue de la manière la plus douloureuse. Pour soi-même, puisqu’on a la sensation d’être freinée par ses collaborateurs. Mais aussi pour les autres qui, souvent, se taisent mais n’en pensent pas moins. Marre de celle qui ne laisse personne finir une phrase ? Qui parle si vite qu’elle en est incompréhensible ?

Quels risques ? Principalement des problèmes de santé liés au stress. Voire un « burn out » car le rythme imposé par la pression est physiologiquement usant.

Que faire ? Prendre conscience de son état de stress et décider de la gérer plutôt que de se laisser écraser. Cela nécessite d’accepter de se poser, de se déconnecter de l’immédiat pour réfléchir à plus long terme. Prenez votre agenda et repérez comment se répartissent vos obligations dans la semaine qui arrive : distinguez celles qui sont importantes et incontournables, celles qui nécessitent plutôt un travail de fond, mais aussi tout ce qui entraîne une perte de temps et qui peut être supprimé. Et là encore, demandez-vous : « qu’est-ce que je risque vraiment à moins courir ? » ; « si l’on est sincère avec soi, on se rend compte que nos arguments tombent un à un. On est alors en mesure d’imaginer une alternative et on se calme ».
Autre conseil : méfiez-vous des mails et du portable. Consultez votre courrier électronique toutes les deux heures plutôt que toutes les quinze minutes. Muselez votre portable : après tout, il a une messagerie.


En famille
Un havre de paix, le foyer familial ? Sûrement pas. Pire : entourée des siens, l’impatience est persuadée qu’elle peut, justement, se dispenser d’efforts diplomatiques. D’où l’effet catalyseur. « Dépêche-toi ! » ; « tu crois que je n’ai que ça à faire ? » ; « non mais, t’as vu l’heure ? ». Mari, parents, enfants : chacun est invité à accélérer le tempo en permanence. L’impatience parle souvent à l’impératif. Mange vite et débarrasse aussitôt. Déteste les grasses matinées autant que d’attendre son tour aux toilettes. Et gare au mari qui aurait l’indélicatesse de ne pas répondre sur le champ à son appel : à toute heure, elle est prioritaire.

Quels risques ? Outre des difficultés conjugales, le principal problème est d’ordre éducatif. Car les mères impatientes ont tendance à engendrer soit des survoltés, soit des enfants… lents. Pourquoi ? Ralentir est souvent leur unique moyen de se faire entendre.

Que faire ? Au risque de perdre certaines illusions, il est nécessaire de comprendre une chose : l’être parfait, aussi réactif que possible, n’existe pas. Nous avons trop tendance à vouloir que nos proches soient conformes à nos attentes. Si nous nous obstinons à l’exiger, la déception est inévitable et cela entraîne une grande frustration et donc du stress. Quand la pression monte, mieux vaut s’interroger que trépigner. Certes, il est toujours en retard, mais en retard par rapport à quoi ? A ce que vous souhaitez, et, donc, à vos propres représentations. Plutôt que d’anticiper, d’imaginer « de quoi vous allez avoir l’air », revenez à l’instant présent : est-ce si grave d’être en retard quand on peut présenter ses excuses ? Et, s’il s’agit d’une contrainte horaire (train, cinéma), ne serait-il pas judicieux de mobiliser vos troupes un tout petit peu plus tôt que prévu ?


En société
Il faut bien l’admettre : l’impatiente peut se montrer un tantinet paranoïaque. Elle est capable de vivre le passage d’un feu vert à rouge comme un affront personnel. Le retard de son dentiste comme une preuve de mépris. Il y a aussi le cas de la file d’attente à la caisse du supermarché : allez savoir pourquoi, c’est toujours sur le « mauvais cheval » qu’elle mise ! La conviction que le destin s’acharne à la contrarier lui ferait presque oublier qu’elle n’est pas seule au monde.

Quels risques ? Des poussées d’anxiété qui conduisent à l’affrontement : coups de gueule, échanges musclés… A force de chercher un bouc émissaire responsable de nos contrariétés, on peut, en effet, être tentée de se venger sur le premier venu.

Que faire ? Nous avons toutes eu l’occasion d’assister à une scène gênante où un impatient se montrait désagréable à l’endroit d’un serveur, d’une hôtesse de l’air… Repensez au ridicule de la situation. Si cette sombre vision ne vous calme pas, tentez un autre procédé. Dites-vous que votre nervosité n’est pas seulement due à l’imprévu que vous rencontrez. Elle est surtout le résultat de toutes les frustrations accumulées dans la journée. Faites donc le point sur ce qui vous manque, sur ce qui ne va pas, pour pouvoir le corriger. Être impatiente, c’est être résistante au changement. Mieux vaut gérer son temps entre vie privée et vie professionnelle. D’où l’intérêt de s’organiser. Il faut faire de l’anticipation concrète, c’est-à-dire dresser des listes, cela permet de se débarrasser de ce petit dialogue intérieur qui, à force de tout vouloir gérer en même temps, finit par polluer l’existence.

La rédaction de dubai madame

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