Billet d’humour by Sophie : L’entrepreneuriat au féminin !

Je ne peux faire de généralités, mais seulement brosser rapidement un portrait des réactions que je rencontre ou ai rencontrées.
Je me suis lancée dans la création de « mon entreprise » (déjà, ça fait sérieux, non ?!) comme on entre en religion : avec une foi indestructible (ou presque… enfin… ça dépend des jours) et une forte croyance en mon projet (à défaut de sauver l’humanité, je pouvais faciliter la vie de certains). Nuance notable à vous signaler : je me suis aventurée dans l’entrepreneuriat parce que j’avais une idée, et non le contraire… je n’ai en effet pas cherché une idée pour entreprendre et épater mes pairs ! Et heureusement finalement !!!!! Car les réactions rencontrées ne sont pas toujours celles escomptées !
 
Les enfants : « Mouais… pourquoi pas ?! Mais comment ça, tu ne vas plus être disponible pour nous 24h/24 ? Tu vas avoir des plages mentales réservées à autre chose que NOUS ? » (Oui, EUX… ces deux petits êtres tant désirés qui pensaient jusqu’à aujourd’hui que je n’étais née QUE pour les combler !!!) Oui, oui, c’est super, mais tu te rappelles que j’ai l’anniversaire d’Esther mercredi et que tu dois acheter le cadeau ! Et qui va m’y emmener ? Quoi ? Tu bosses ? Mais t’es à la maison !?
Eh oui, cher(e) lectrice (lecteur), au même titre que la mère « au foyer » n’en fout pas une rame, c’est bien connu, l’entrepreneuse qui bosse à domicile… subira le la même drame étiquette ! Car pas encore assez fortunée pour se payer des bureaux dans une tour vertigineuse en plein quartier des affaires… la route sera donc longue pour asseoir sa crédibilité. 
 
Le mari : « C’est super, mon amour ! C’est super, surtout si cela ne change en rien tout ce que nous avons mis en place et qui convient à l’équilibre de TOUTE la famille… Ah ? Pas à toi ???? » sad
 
Les gens (3 grandes catégories) :
1. Ceux qui ne croient tellement pas en toi (ou en ton projet… ou les deux…) et qui, à la simple évocation de ton nouveau job, se retrouvent frappés par un dysfonctionnement très ponctuel qui les prive de deux de leurs sens : l’ouïe et la parole… Ils restent gênés et bouche bée comme si tu venais de leur raconter ta dernière nuit de sexe plus qu’endiablée avec une équipe de pompiers masqués ! Ce qui te plonge toi aussi d’un seul coup, dans un silence des plus malaisants, dont tu te serais bien passé !
2. Ceux qui pensent que tu te lances dans l’entrepreneuriat comme on s’inscrit à un cours de Yoga Bikram… par pure curiosité… « Encore un trip pour ouvrir ses chakras ! Une nouvelle lubie qui sera aussi vite passée que la mode « claquettes/chaussettes » de l’été dernier ! »
3. Les bienveillants… souvent des proches, des parents qui te fileront un coup de main sans penser à être payés… ce qui est, au début, soyons honnêtes, n’est pas l’une de vos priorités (inutile de compter là-dessus pour cotiser et se faire une retraite dorée).
 
Bref… être entrepreneuse c’est bien sûr être son propre boss et la possibilité de gérer son temps. Oui oui, sauf qu’il te faudra dorénavant trouver comment gérer TOUT ce que tu faisais avant, PLUS les 14 nouveaux métiers que tu es obligée de faire en même temps !!! Car avant d’engager en vue de déléguer… il te faudra gagner du blé ! Une suractivité qui ne t’apportera même pas un brin de crédibilité, car dans l’esprit de la plupart de nos concitoyens, l’équation est très simple : travail = argent… Donc, si tu ne gagnes pas (encore) d’argent = c’est que tu ne travailles pas ! Au mieux : tu t’occupes !!!
 
À noter également qu’il y a une nuance amusante dans l’imagerie des expressions françaises souvent utilisées dans ces cas-là : quand un homme « monte sa boîte », par exemple, cela reflète un esprit fort et viril ; on pourrait presque penser qu’il construit matériellement les quatre murs de sa boîte avec ses beaux bras musclés ! Mais quand une femme, elle, « se lance » (d’ailleurs, on se demande bien où elle va atterrir ?!) dans l’auto entrepreneuriat, se dégage alors une impression de grande solitude et de fragilité… un peu comme quand, à 12 ans, on chante seule devant sa glace, ça manque un peu de public, donc de plausibilité…
 
Et pourtant, malgré tout ça, l’aventure vaut vraiment le coup d’être vécue ! Premièrement, parce que nous ne sommes jamais à l’abri d’un succès (Yeahhhhh !) et deuxièmement, parce que, comme dit mon mantra préféré « Quand la route est dure, seul(e)s les dur(e)s font la route ! », et franchement les filles, après tout ce que nous avons déjà vécu, ce n’est pas un défi de plus à relever qui va nous impressionner, non ?!
Belle route à toutes les auto-entrepreneuses ?!
 
Sophie, comédienne, continue de nous faire rire depuis Istanbul à travers ses billets d’humour inspirés des péripéties d’une famille d’ex-expat à Dubai. Retrouvez ses billets sur son blog www.journalexpat.com.
 
Sophie, est fan de chapeaux et de voyages… ce qui lui a donné l’idée géniale de développer le Hat Bag ! Un porte chapeau stylé qui permet de transporter vos chapeaux sans les abîmer en voyage. Mais quelle brillante idée… on va faire les belles à l’aéroport ! 
 
 
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Sophie Perrot

Comédienne, ex-expatriée à Dubai, Sophie continue de nous faire rire avec ses #billetsdhumour. Ces textes s’inspirent des péripéties d’une famille d’expat, dans leur quotidien.

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