Maitre Can, professeur de Kung Fu, ou vivre ses rêves jusqu’au bout.

alt Comme une apparition dans ses habits traditionnels de moine guerrier du temple de Shaolin*, Maître Can (prononcer Chan) donne tous les matins sur la plage de Jumeirah des cours de Tai Chi. Invité du groupe éponyme jusqu’à fin avril, il offre à tous ceux qui le désirent un peu de sa sagesse sous forme d’arts martiaux, de techniques de respiration et d’art de la méditation. Un véritable Jet Li à disposition des béotiens du Wu Shu**, terme mandarin pour désigner l’ensemble des arts martiaux. Il est né le 4 février 1989 à DengFeng, la capitale du Shaolin Kung Fu, dans la province du Henan, au nord de la Chine. Ses parents le baptisent Guang Can Wang. Il est du signe du serpent, le « frère du dragon » comme il se plaît à le préciser. Car ce jeune homme de 25 ans, d’1m64 pour 62 kilos, n’est autre que l’un des hommes les plus rapides et précis au combat. Il sait manier l’épée, le sabre, le glaive, le bâton, le fouet ou la lance avec une agilité et une vitesse qui semblerait truquée s’il n’était aussi animé des valeurs d’action de Shaolin : humilité, respect, droiture, confiance et loyauté. Il a six ans lorsqu’il voit le premier film de Jet lI, Shaolin temple. Comme des millions de Chinois, la folie du Kung Fu le gagne et ses parents prient qu’elle lui passe. Ils n’ont pas acheté la naissance de leur second fils pour qu’il parte s’enfermer des années dans un monastère pratiquer un art martial, certes ancestral, mais peu rémunérateur. Mais Guang Can Wang brûle d’un autre feu. Et plus ses parents tentent de le dissuader plus il veut s’en approcher. Plus qu’un défi, il sent comme une prédestination. « Je me suis toujours senti attiré vers le temple de Shaolin même si je ne pouvais pas le définir clairement ». Son village ne se situe en effet qu’à 15 minutes du fameux temple sacré bouddhiste Chan fondé au VIIème siècle. Les mois passent et malgré sa volonté de satisfaire ses parents, il ne peut ignorer « l’empressement qui serre son cœur ». « Mon cœur, mon esprit et le sang chaud qui coulait dans mon corps me poussaient dans cette direction comme si c’était mon chemin, » se souvient le jeune homme. « Il existe toutes sortes d’écoles de Kung Fu en Chine mais très peu sont destinés à étudier le Kung Fu Shaolin. Que veut dire destiné ? L’abbé juge si l’individu est naturellement bon et si son esprit est dévoué aux arts martiaux, » explique Maître Can. Ainsi, l’abbé Shi Yong Xin lui pose deux questions : « Pourquoi le Kung Fu? » et « Voudras-tu toujours le promouvoir dans 10 ans? » Après avoir répondu comme le lui dictait son cœur, le petit Guang Can Wang rentre chez lui et attend sans doute la plus longue semaine de sa vie. Puisqu’il n’y avait alors ni téléphone, ni voiture, un moine se rend chez lui à pied lui demander de préparer ses affaires et de dire au revoir à ses parents, plutôt mécontents. « J’’étais excité. Je n’avais ni peur, ni me sentais triste, » se souvient-il. Le maître a bel et bien vu dans les yeux de Guang Can Wang qu’il ferait quelque chose pour la réputation du monastère. A sept ans, il devient le plus jeune moine guerrier de Shaolin. Son premier rêve Huit ans durant, sept jours sur sept hormis quelques pauses durant les vacances, le jeune garçon pratiquera le Kung Fu. Shi Yong Xiong, qui appartient à une lignée de plus de dix générations de maîtres, lui enseigne les arts martiaux. « J’ai cru qu’en entrant à Shaolin, je pourrais sauter sur les toits des immeubles, marcher sur les murs, voler partout, tuer un bœuf d’un seul coup de poing, protéger les faibles et punir les méchants. Être un héros et un justicier. Mais la réalité était dure et ennuyeuse : je devais m’entraîner tous les jours, » déchante Guang Can Wang. Les moines se lèvent invariablement à 5 :00 et partent courir dans la montagne, faire quelques mouvements de Kung Fu avant de prendre une soupe et un petit pain traditionnel cuit à la vapeur en guise de petit déjeuner. De 8 :10 à 12 :00, ils s’entraînent au KungFu. Puis c’est le déjeuner, frugal, et une demi-heure de pause avant de s’entraîner encore de 14 :00 à 18 :00. L’emploi du temps est agrémenté de Tai Chi, de QI gong et de méditation. « La première année, c’est très dur. Puis, lorsque vous connaissez les règles, votre corps s’adapte, vous maîtrisez mieux les enchaînements, » dit-il modestement. Il apprend assidûment, s’entraîne dur et étudie attentivement « les pouvoirs intérieurs et les méthodes mentales ». Peu à peu il devient Shi Yan Can. Son deuxième rêve A l’âge de 14 ans, il est temps de se poser les premières questions sur son avenir. Lorsque son maître lui demande ce qu’il souhaite faire, il a décidé qu’il serait le champion de Wu Shu national. C’est le temps des compétitions. Après toutes ces années passées à l’abri des regards, il part se mesurer au monde extérieur. Il gagne le championnat national, le stade le plus élevé de Chine et le plus grand des honneurs. De 18 à 21 ans, il est le champion incontesté de Wu Shu chinois. « Maintenant je pouvais devenir un bon maître, » dit humblement Master Can. C’est ce que pense aussi son maître qui l’enjoint de propager et développer l’art du Shaolin Kung Fu. « Je te choisis car je crois en toi. Je crois que tu peux t’engager dans cette tâche importante et je crois aussi que tu peux faire mieux que moi, » lui dit son maître. « Aide ceux qui aiment le Kung Fu à réaliser leur rêve. On ne vit qu’une fois, fais de ton mieux pour guider tout le monde et aide-les à avoir une vie merveilleuse. » Master Can enseigne alors à Ta Gou, la plus prestigieuse école au nord de la Chine, puis au sud et enfin devient maître dans une école pour étrangers. Mais une fois ce second rêve réalisé, il ne sait plus quoi faire. Alors, comme toujours, il retourne à Shaolin en parler à son maître pour qu’il l’aide à trouver sa route. Un dernier rêve alt « Il m’a dit que j’avais fait assez et qu’il était temps d’interroger mon cœur, » se souvient Master Can. « Lorsque ton cœur te dira clairement ce qu’il veut, reviens me voir ». Un mois plus tard, Master Can a trouvé sa réponse: il veut promouvoir la culture chinoise ancestrale, transmettre l’art du Kung Fu. Il enseignera la puissance du corps et de l’esprit. « Toute ma vie, j’ai senti que j’avais une relation profonde avec le temple de Shaolin, une connexion particulière. Maintenant, je sais que je suis né pour transmettre le Shaolin Kung Fu à travers mes enseignements. » Il s’envole pour l’Europe et commence à transmettre ce qu’il sait. « Je réalise mon rêve. Je voudrais aussi créer une école de Kung Fu à l’étranger qui aurait des liens avec la Chine, » confie-t-il. Il jette un regard sur son poignet. Il porte le Fu Zhu, un bracelet de perles de bois que lui a donné son maître. Il a plus de valeur que n’importe quel bijou de prix, témoin essentiel de son passage à Shaolin, le temple immémorial qui a fait de lui le moine guerrier qu’il est aujourd’hui. Shaolin où tout le monde est l’égal de l’autre. Car dans le monde extérieur « chacun est son propre soi, c’est plus difficile, » confie le maître qui s’isole quotidiennement une demi-heure pour méditer et être sûr qu’il est toujours en phase avec son rêve. Pour des cours de Tai Chi et Kung Fu : Jusqu’au 30 avril Talise Spa – Madinat Jumeirah 043666818 MJtalise@jumeirah.com Son site : http://www.trainkungfu.com/ Il FAUT voir les vidéos pour se rendre compte de la dextérité de Master Can. STUPEFIANT ! http://www.trainkungfu.com/#!video/cuy0 *Pour en savoir plus sur le monastère de Shaolin : ici **pour en savoir plus sur le Wu Shu : wikipedia

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