Ils sont fous ces …gaulois !

alt Nous sommes au 21ème siècle, la technologie est omniprésente dans tous nos moyens de transport pour les rendre plus performants, plus sûrs et surtout plus agréables à conduire. Nous sommes à Dubai, où la course à la nouveauté, la performance et la modernité fait rage,  en matière de cylindrées comme ailleurs. Alors, comment se fait-il qu’un groupe de français, certes encore réduit, mais composé de personnalités hautes en couleurs, s’intéresse à cette vieille marque de motos, cette antiquité indienne,  ce vestige des années 60 qu’est la Royal Enfield ? alt Ces irréductibles gaulois ne me pardonneront sans doute pas de qualifier ainsi leur chère monture, bien que le freinage antique et le look « naked » lui confèrent indéniablement un coté « aventurier exotique ». Dubaimadame a voulu savoir, plus précisément, ce qui les a fait vibrer (jeu de mots facile au sujet du moteur monocylindre !), ce qui les a séduit et ce qui pour eux fait le charme de cette …vieille dame ! Nicolas Bech, Alain Penel, Frank Kuntermann et Yann Couffon se sont prêtés au jeu de nos questions et comme ils ont à la fois de l’humour et du recul, vous prenez le risque, en lisant ce qui suit … d’attraper leur virus ! Pourquoi et comment ont-ils acheté une RE ? Nous avons essayé de comprendre d’où vient cette nouvelle tendance qui sévit dans la communauté française dubaïote. D’après Alain, c’est grâce à Nicolas, Nicolas lui, dit que c’est à cause de Yann, ce dernier explique que c’est en voyant Frank…voilà donc le pécheur originel ! Mais Frank lui, d’où cela lui vient-il ? De loin ! En fait il n’avait aucune chance d’y échapper, car l’amour des vieilles bécanes est inscrit dans ses gènes, son père et son grand père collectionnaient déjà les motos anciennes. Il était donc prédestiné puisque les  Norton, BSA, Vincent et la Royal Enfield de son père faisaient déjà briller  ses yeux d’enfant ! Alors quand il est arrivé à Dubai en 2007, il n’a pu s’empêcher d’être un peu déçu par le faible ratio RE/nombre élevé de représentants du sous continent, dont est maintenant issue la RE. En effet la marque originellement anglaise, a été reprise par sa filiale la plus importante qui se trouvait en Inde où sont maintenant fabriquées ces jolies reliques ! On n’en voyait  pas à tous les coins de rue comme il l’aurait espéré, mais faisant fi des obstacles, il réussit à en localiser une dans old town et remonte le filon jusqu’au garage RE tenu par un certain Nelson grâce auquel il peut enfin s’offrir son jouet de rêve, une Bullet 500 comme cadeau de Noel 2010 ! Et pour rajouter une couche de look retro et d’originalité, il lui adjoindra un side-car dans lequel il peut promener fièrement une de ses 4 jolies femmes (non ce n’est pas ce que vous croyez, il a juste 3 filles !) alt Ce qui lui plaît dans la RE, c’est qu’elle offre le charme du look à l‘ancienne sans les inconvénients ni la fragilité des vieilles motos, et Frank n’hésite pas à parler de magie : « Ce qui fait la magie de ces motos, c’est qu’elles offrent le plaisir du pilotage tel qu’il se pratiquait il y a 50 ans. A cette époque la moto était conçue comme une activité hédoniste, ou un lien particulier se construit entre la route, le paysage et le pilote » Yann quand à lui, est tombé dedans quand il était tout petit, non pas dans la RE, mais dans la moto en général, puisque dès l’âge de 6 ans son père lui faisait conduire sa moto sur les plages d’Afrique où il a grandi. Circonstance aggravante, sa soeur vit en Inde depuis de nombreuses années et son beau frère a 4 RE ! Pour lui « la RE est à l’amateur de motos, ce que le Defender est à celui de voitures. Un voyage dans le temps, une quête d’authenticité un état d’esprit, plus qu’un moyen de transport ». alt A ceci Nicolas ajoute une touche plus personnelle : « Pourquoi une RE ? Parce qu’on m’a toujours dit que physiquement j’étais un mélange de Steve McQueen dans la Grande Evasion et de Mel Gibson dans Mad Max, alors  ma moto est un condensé de tout ça. » En fait c’est presque la RE qui l’a choisi …et lui l’a faite repeindre avec une peinture mate qui, couplée avec une absence totale de chrome, lui donne en effet un look plus « madmaxien » ! alt « Ce que j’aime dans la RE c’est son look retro, son bruit de mono-cylindre si chantant (pop…pop…pop…pop…pop…pop), et le fait qu’a 120km/h… on caresse la mort » A ce propos, tous reconnaissent unanimement qu’il faut faire de la RE  un usage mesuré et seul Yann, le plus hardi, s’en sert quotidiennement pour aller travailler, sans passer bien sûr par SZR, qu’ils évitent tous soigneusement, soit sur recommandation express de leurs épouses, soit par simple instinct de survie, car comme dit  Alain : « comparée à un ride en RE sur SZR, la cigarette c’est pas dangereux pour la santé ! » Y-a-t’il un club RE à Dubai ? Sinon vous devriez fonder le votre et vous l’appelleriez … ? Non, mais ça ne saurait tarder nous dit Nicolas, ceci dit pour l’instant les 4 membres fondateurs n’ont pas encore une  vision commune très claire de la stratégie et des objectifs de ce futur club, si ce n’est de faire partager (même à des non français) leur passion ! Pour le nom, je leur ai suggéré « Les coqs pas sportifs », « les fous du guidon » ou « les Royal Engels » mais cela n’a pas soulevé leur enthousiasme, en plus ils ont déjà plein de bonnes idées comme « The Enfielded, The Fullfield, The Harley Sucks », pour Nicolas, « Les Kunterffonbechnel ou les Coupenbechmann » pour Frank … alt Au fait, jusqu’à quelle époque est-il encore supportable de rouler en moto à Dubai ? Là-dessus tous s’accordent à reconnaître que contrairement à l’Europe où c’est à peu près la seule époque où il est vraiment agréable de rouler en moto, l’été à Dubai est bien sûr  un moment « challenging » même pour les passionnés les plus extrêmes, comme eux. Heureusement comme le rappelle Nicolas « ça se conduit en short et tongues ! », de quoi mettre un « vrai » motard en colère (si ils ne l’étaient pas déjà si souvent !) Alors en pratique, si jamais l’idée vous venait de vous offrir ce plaisir simple et de rejoindre ces adeptes du look et de l’élégance virile, rehaussée de la pointe d’élitisme, que leur confère le choix de rouler « différent », voilà ce qu’il vous en coûtera : 16 000 AED pour une RE neuve (gulf specs), + 4000 AED pour la peinture mate si vous avez un coté Mad Max qui sommeille en vous. On en trouve même d’occasion entre 8 à 10 000 AED. Vraiment pas cher pour un tel plaisir !!! Vive l’Inde !!! Et on la fait entretenir chez RE itself (on SZR Time square exit), par Nelson himself… Et la cerise sur le gâteau : pouvoir dire dans un dîner parisien que l’on fait un plein et 200 km pour …3 euros (15 dhs) ! alt …alors, une Royal Enfield … what else !

VéroniqueTalma

Test biographie

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