Les troubles alimentaires

Les magazines d’aujourd’hui sont plein de photos de jolis jeunes mannequins toutes fines. La plupart des rubriques que l’on y trouve réfèrent à la mode, aux différents régimes et aux types d’exercices nécessaires à une ligne parfaite.

Les préoccupations liées au corps parfait peuvent aboutir à de fâcheux troubles alimentaires. Il faut noter quand même que 98% de filles sont atteintes de ces problèmes pour uniquement 2% des garçons.

Qu’est-ce que le trouble alimentaire ?
Un trouble alimentaire est une compulsion de manger, ou au contraire de s’abstenir de se nourrir, qui affecte de manière négative la santé physique et mentale de la personne. Ce trouble est plus fréquent chez les jeunes filles/femmes de 12 à 35 ans, de n’importe quelle société et race. Ce trouble est présent partout mondialement mais affecte plus les ethnies ou l’attention est portée sur la perte du poids et l’image du corps. Le trouble alimentaire est plus qu’un régime à long terme, cela peut se développer en de déplaisants troubles du comportement.


Les différents types de troubles alimentaires :

Il y en a 4 : l’anorexie mentale, la boulimie mentale, « binge eating » et orthorexia mentale.


L’anorexie mentale
Caractérisée par la perte de poids, elle s’exprime par une diminution de la quantité de nourriture ingérée, le plus souvent par l’élimination des aliments riches en calories. Elle évolue ultérieurement vers une diète stricte que l’individu s’impose à lui-même.

C’est la personne qui « intentionnellement » se laisse « crever » de faim. Elle a peur de prendre du poids ou de devenir « grosse » et est préoccupée par son poids et l’image de son corps. En général, cette personne sera une perfectionniste, obsédée par la réussite de ce qu’elle entreprend, et qui malgré cela, se fixe des buts inatteignables. Quand elle échoue, elle cherche à contrôler quelque chose dans sa vie : La nourriture et le poids. Un manque d’estime de soi et être soumis à des critiques constantes, peuvent provoquer l’anorexique. L’individu concerné à peur de perdre le contrôle et même la consommation d’une petite ration de nourriture est perçue comme un manque de maîtrise !

A ceci se lient aussi des sentiments d’ineffectivité, perte d’initiative, restriction de l’expression émotionnelle, perte de la libido et perturbations des performances et des symptômes physiques comme la sécheresse cutanée, l’hypothermie et les arythmies cardiaques.


La boulimie mentale
Soucis exagéré de sa silhouette et de son poids.
La personne, concernée mange sans arrêt, se purge et fausse l’image du corps. La personne boulimique mange une grande ration de nourriture et puis se libère de l’excès des calories en se faisant vomir, en utilisant des laxatifs / des diurétiques ou en faisant de l’exercice à l’ extrême. Ce comportement est souvent observé chez ceux qui mentent de manière pathologique, chez les cleptomanes et chez ceux qui souffrent de promiscuité sexuelle. La personne boulimique ne souffre pas uniquement du trouble alimentaire mais présente aussi d’autres comportements qui sont dangereux.


Binge Eating Disorder
Ceci se caractérise par des périodes de consommation de nourriture incontrôlées. La différence avec la boulimie est que la personne souffrant de « binge » ne se fera pas vomir pour se libérer de l’excès du poids. Elle mangera quand elle n’a même pas faim et peut continuer à se nourrir alors qu’elle est déjà à satiété. Elle peut avoir un poids normal, un surpoids ou même être obèse.
Ici les symptômes pouvant apparaître sont de l’ordre de la dépendance de l’alcool ou de la drogue.


Orthorexia Mentale
La personne atteinte de ce trouble est obsédée par le fait de ne se nourrir que d’aliments sains. Elle peut suivre un régime allant à l’ extrême. En cherchant à se guérir d’un désordre spécifique, l’orthorexique fixe des règles très rigides concernant la nourriture.


Les causes des troubles alimentaires :
L’environnement, les traumas et la biologie de la personne influencent son régime alimentaire.


Cause environnementale :
Les médias ont une grande influence sur les troubles alimentaires. L’apparence des modèles dans le monde publicitaire et autre envoie un message dangereux! Souvent les jeunes filles pensent que le succès et la valeur de soi sont associés avec le fait d’être maigre.


Comportements parentaux :

Des études montrent que l’origine des troubles alimentaires se trouvent dans les familles surprotectrices et / où les modes de communications sont perturbés. Quand les parents sont critiques ou ne montrent pas assez d’affection, leurs enfants développent des comportements destructeurs et critiques envers-eux-memes. Ils ont des difficultés à se prendre en main. Ceci peut empêcher le développement de la confiance en soi et de l’estime de soi et une telle personne ne cherche sa valeur qu’au travers les regards des autres. Elle fera ce que l’autre veut, s’identifiera à l’image que l’autre a d’elle (et ainsi perdra sa propre identité!). Si dans les familles troublées, des stratégies de survie n’ont pas été développées, les enfants n’ont pas d’autres solutions que de se tourner vers la nourriture ou la drogue qui servent de substitut à leur problème.


Le trauma :

Le trouble alimentaire peut apparaître suite à un trauma vécu : divorce parental, parents ayant une forte personnalité écrasant l’enfant, décès d’un être cher, abus physiques ou sexuels vécus, etc. Ces enfants victimes peuvent devenir boulimiques ou anorexiques selon les cas !


Traitement des troubles alimentaires :
Il existe un test psychologique anglophone « Questionaire of Eating and Weight Patterns » (QEWP), version pour adolescents et une autre pour les parents, qui prend aussi en considération la dépression.
Dans un premier temps pour l’anorexie, l’accent est mis sur la prise de poids. Des antidépresseurs sont prescrits pour traiter l’anxiété et la dépression qui sous-tend. Un complément de zinc est recommandé comme routine pour le traitement dans le cas d’une anorexie nerveuse.

L’idéal est aussi de séparer la personne concernée de sa famille car le traitement est long et peut apparaître le chantage affectif.


Parents et amis peuvent aider :
Il y a plusieurs groupes de soutien qui donnent des informations sur les solutions existantes afin d’aider un proche souffrant de troubles alimentaires. Il est très important de bien s’informer en lisant des articles, des livres, pour mieux les cerner et les comprendre. Venir en aide à une personne souffrant de troubles alimentaires est difficile, c’est pour quoi il est fortement conseillé de demander l’aide d’un thérapeute avec qui vous pouvez partager tout le côté émotionnel que vous vivez.


Ce qu’il ne faut surtout pas faire :

Dire à la personne de manger plus ou de s’abstenir de manger selon son trouble. C’est justement ce qui vous semble si simple qui est en fait si compliqué pour la personne concernée.

Il est aussi prudent de ne pas juger le progrès, aussi petit qu’il soit à vos yeux, fait par la personne ou de se moquer car elle va voir un psychologue.

Pour finir je dirai qu’il est possible d’en guérir ! Pour cela il faut un travail d’équipe avec le médecin, le nutritionniste et le psychologue / psychiatre. Il peut arriver que pendant la période de guérison il y ait des rechutes, mais c’est prévisible. Le plus important est de ne pas perdre espoir !


Pour votre information, voici deux institutions reconnues pour leur excellent service ainsi que pour de bons résultats :

– A Paris « La Maison Solenn »

– A Bruxelles « La Ramee »


Lecture :
– « L’Anorexie » de Thierry Vincent

– « L’Anorexie, ennemie sans visage » de Gaétane Bolle

– « Guérir de l’anorexie » de Peggy Claude-Pierre

– « L’anorexie chez les Adolescentes » de Robert Pauze

– « La Boulimie anonyme » de Dominique B.

– « Papa, maman, on m’a traite de gros » de Elizabeth Lesne

– « Kilos Ados » de Marie Belouze


ATTENTION ! Si vous connaissez quelqu’un qui souffre en silence, il serait souhaitable d’en parler à l’un des parents pour agir au plus vite.


Si vous avez des questions concernant cet article, n’hésitez pas à m’écrire : psychosuzie30@gmail.com

 

Suzie Hachez

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