Quand Sophie se met aux coutumes locales ça décape: la manucure pédicure passe en revue !

alt Inutile de rappeler qu’une expat se doit dans les plus brefs délais d’embrasser les us et coutumes du pays dans lequel elle est adoptée ! Et ne faisons pas les fines bouches surtout lorsqu’il s’agit de choses aisées ! Lorsque j’ai quitté Paris, nous en étions encore à la french manucure réservée en institut à des postulantes de télé réalité ! Je mettais un peu de rouge pour les grandes occases, voire je badigeonnais d’un «nude» mes «nails» abimés…j’étais autant habituée à vernir mes ongles qu’à tresser mes dessous de bras… Mais ça, c’était avant… Avant qu’une multitude de couleurs déferlent sur Dubaï et le monde entier, faisant de nos extrémités un accessoire de mode illimité ! alt Forte de ce constat, je m’y suis bien essayée dans l’intimité mais le résultat sur mes petits boudins à moitié mutilés, crabouillés d’un mélange de plastifiants, émollients et autres solvants ressemblaient plus à une œuvre contemporaine déstructurée qu’à une perfect manucure ! J’ai donc progressivement commencé à m’en faire faire au salon de coiffure. Sobrement mais sûrement…toutefois je dois vous confesser que j’appréciais à moitié que les autres clientes se fassent faire les pieds à mes côtés ! Cela doit être lié en partie à un ancien contentieux…effectivement, fraichement débarquée et encore novice, je m’étais faite refouler d’un salon parce qu’accompagnée de ma fille … Se faire racler la corne des pieds en public : Ok ! Se ramener avec sa progéniture : No way ! Si bien que petit à petit, je me lançai en bas de chez moi dans la pédicure… devenant au fur et à mesure aussi régulière qu’un métronome à cet institut…aussi fidèle qu’un DSK aux parties fines…Je restais fascinée par la dextérité avec laquelle elles maniaient une machine élaborée… sensée limer, râper, fraiser, façonner…avec à chaque fois un embout prévu à cet effet… Puis prenant de plus en plus d’assurance, je suis allée dans un bar à ongles où l’on te propose plus de couleurs qu’un nuancier peut en créer… 400 références ……aux noms de danseuses de Crazy Horse! Tentation, Pomme d’amour, Bouche à bouche, Bagatelle, Sugar free, Amazone, Show off, Movie Star ou autre Expresso Solo…je tiens à préciser que je ne m’étais pas égarée dans un Sex Shop mais bien rendue dans un nails bar ! Après avoir choisi ma couleur, Christmas kiss en prévision des fêtes 😉 je me retrouvais dans une salle hybride, issue du croisement entre un resto lounge et un bloc opératoire ! Déco épurée blanche et rouge…personnel en uniforme blanc…masque vissé sur le nez…celles qui se faisaient faire la «totale» comprendre : mains et pieds… gisaient alanguies sur des canapés immaculés…les «just hands» patientées derrière de petits comptoirs blancs…au mur était fixé un écran plasma diffusant le dernier chef d’œuvre de Jennifer Lopez !… Là «l’hôtesse» sortit d’un sachet stérilisé les outils qu’elle allait utiliser…tout paraissait réglé comme du papier à musique…avant de me mettre la première couche de vernis elle appela sa collègue afin que je puisse régler….et en deux/trois mouvements elle m’accompagnait au bar qui se trouvait au milieu de la pièce, m’invitant à glisser mes mains dans le séchoir intégré au comptoir…sur la table, un mot stipulait qu’il était possible de se faire masser, le temps que le vernis ait séché… alt C’est bien connu, l’humain excelle dans la comparaison…l’expat ne fait pas exception ! De passage à Paris et ayant une demie heure avant mon prochain rdv, je finis par satisfaire ma curiosité…en effet depuis quelques temps était né au rez-de chaussée de mon immeuble une chose étrange censée s’occuper des mains et des pieds…étrange car bien loin de tout ce qui se fait à Dubaï ou ailleurs…une boutique ressemblant à un squatte à la déco plus que spartiate ! Mais mon esprit d’aventurière ne m’autorisant pas à m’arrêter à ma première impression, je me jetais dans ce bouiboui sans nom…ou plutôt si… le Jolie Star (je sais, c’est à ce moment précis que j’aurais dû utiliser mes pieds… pour emprunter le chemin opposé !) À peine assise, la personne qui allait «s’occuper» de moi, m’invita à mettre mes extrémités dans un bassinet…et là… stupeur…des morceaux de ce qui semblait être de la peau flottaient à l’intérieur…déjà que j’avais dû m’assoir sur un fauteuil élimé recouvert de couvertures zébrées d’une fraicheur plus que douteuse…mon expression faciale fut assez éloquente pour qu’elle change l’eau illico, un peu agacée…au passage elle mit un grand coup de javel et beaucoup de savon afin que la mousse recouvre les derniers mutants… Après m’avoir plus qu’énergiquement lavée …limite vexant….un peu comme si j’avais macéré 15 jours dans des chaussures de randonnées !….elle sortit son scalpel …et commença à faire gicler la pauvre peau qui se trouvait sous mes pieds…comme si elle sculptait une morceau de bois, les copeaux volaient autour de moi…interloquée je ne cessais de fixer ma voisine qui elle, faisait mine de ne pas être choquée ! Je commençais sérieusement à flipper…si elle continuait de la sorte, c’est au tibia qu’elle allait s’attaquer ! Elle finit par s’arrêter et se mit à me râper les pieds avec un instrument qui avait dû être utilisé sur les 100 précédentes passées sur ce canapé… Enfin, elle me badigeonna les ongles avec autant de minutie que pour un anti mycosique … Au moment de l’addition, je dus sortir le double de ce qui se fait de mieux à Dubaï ! Si l’on doit en tirer une moralité et une leçon… Il y a des traditions qu’il vaut mieux adopter dans d’autres cantons 😉 alt Sophie, comédienne, raconte au travers de billets d’humeurs humoristiques les péripéties d’une famille d’expat à Dubaï, retrouvez les sur son blog : www.journalexpat.com

Sophie Perrot

Comédienne, ex-expatriée à Dubai, Sophie continue de nous faire rire avec ses #billetsdhumour. Ces textes s’inspirent des péripéties d’une famille d’expat, dans leur quotidien.

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