Chronique d’une mère indigne ou comment passer un weekend de rêve et de détente même en famille



Voilà le scénario : vous avez pris réservation dans un resort dans le golfe d’Oman.

Cela fait des semaines et des semaines que vous y pensez à ce petit weekend de décompression totale.
Vous avez tout prévu et vous vous y voyez déjà : bikini acheté la semaine dernière pour l’occasion et qui bien sûr vous fait un corps de rêve, crème solaire, cocktail, chaise longue et un bon livre.

Des salades au bar de la piscine, le coucher de soleil sur la plage main dans la main avec votre moitié, la grasse matinée dans le lit profond et les oreillers moelleux de la chambre d’hôtel, le petit déj’ gargantuesque et le diner aux chandelles, les pieds dans l’eau.
Oh que oui vous avez hâte !

Et puis la veille du départ, alors que vous faites part de votre excitation à votre cher et tendre, il vous remet soudainement les yeux en face des trous par un simple « ouh la je t’arrête tout de suite sur tes rêves de farniente car tu as oublié un petit détail quand même, non…? »
Vous amoureusement : «  vouiiiiii ? Et quoi Manamour ? »
Réponse laconique : « le Lutin ? »
Le Lutin !!!!
Mais bien sûr !
Non évidemment que vous ne l’avez pas oublié, hem, mais votre projet n’est pas incompatible avec un Lutin déclaré hyper actif à tendance capricieuse… du tout !
Hem donc.

On se souviendra ici que la Bambina en question déteste la voiture…  Même pour un trajet de 7 minutes. N’est-ce pas ?
Et bien Fujaïrah c’est à 90 minutes de voiture.
Autant dire, du bonheur en concentré.
On passera sur les détails vocaux de la traversée du désert  (notez bien : 2 sens à « traversée du désert », on s’est compris).
Sauf que. Cette fois-ci c’est VOTRE weekend, cela fait trop longtemps que vous fantasmez dessus.

Alors finalement, c’est presque tant mieux si la Castafiore Junior hurle tout le trajet car elle vous rappelle o combien vous le méritez ce weekend et fait ressortir tout le (petit mais concentré lui aussi) coté égoïste que vous avez enfoui en vous.
Et oui, on n’est pas une mère indigne pour rien !
Alors vous fomentez votre plan car non ! On ne vous le gâchera pas VOTRE weekend !
Que non !

Je vous explique mon plan infaillible, il tient à peu de choses : c’est papa qui s’y colle et vous n’avez aucun remord.
Non, car vous voyez, le plus honnêtement du monde, c’est l’occasion idéale pour que votre époux et la chaire de votre chaire nouent des liens indestructibles, n’est-ce pas, car vous êtes bien consciente que vous lui volez la vedette à votre mari quand vous êtes à la maison. Alors là, allez, vous êtes princière : vous laissez la Poupette d’amour jouer avec papa, rien qu’avec papa.

« Tu vas voir chéri c’est formidable, elle adore l’eau ; en plus alors franchement vous allez, mais alors mais vous é-c-l-a-t-e-r ! Je vous envie tiens… mais bon, je comprends que parfois c’est aussi à toi de profiter d’elle. Aller à tout à l’heure j’ai RDV avec la masseuse ! Amusez-vous bien bande de veinards ».
Ca c’est fait.

De retour du massage vous vous asseyez sur votre chaise longue, que votre époux aura pris soin de préparer pour lui bien sûr.
Surtout ne vous annoncez pas ! Et si par malchance on vous repère plus vite que prévu, alors que vous venez tout juste d’en finir avec l’application des crèmes et le réajustement des lunettes, plus le calage dans le matelas de la chaise : pas de panique.
Feignez de ne pas avoir entendu.

S’ils insistent, levez la tête avec un sourire puis :
«Alors ? C’est pas chouette, hein ? Vous êtes adorables tous les deux ! Tiens vous devez avoir faim, ne bougez pas je vais commander ! Non non ca ne me dérange pas vraiment j’y vais, ca me fait plaisir, voila, restez là je vous appelle quand c’est prêt. »

Là dessus vous partez sans attendre la réponse, livre en main et vous vous installez sur le tabouret du snack/bar de la piscine, le moins en vue de tous bien sûr ! 
Commandez rapidement le repas et délectez vous ! Car ce qui est bien dans les snacks de piscine c’est que votre commande met des heures à apparaitre ! Largement de quoi avoir le temps de savourer votre cocktail, qui pour le coup arrive bien plus vite, et pour bouquiner tranquillement tout en pataugeant un peu et en perfectionnant votre bronzage.
Et tout se déroulera sur ce modèle : esquivez, allez chercher des « trucs » indispensables au bien être de vos deux amours. Personne n’osera vous faire la remarque que quand même, 30 minutes pour aller chercher le râteau de la petite, ça fait long !
Et puis souriez, votre mari sera trop heureux de vous voir heureuse pour penser à vous demander de prendre le relais. Toutefois, nous ne sommes jamais assez prudentes.
Donc s’il le demande, le mufle, dites que vous ne pouvez pas.

Toutes les excuses sont bonnes :
« Je ne peux pas je dois bronzer de l’autre côté là. Mais ne t’inquiète pas après je vous rejoins. »
« Non, non je t’en prie, elle est tellement heureuse d’avoir son papa à elle toute seule, regarde la comme elle est radieuse, tu ne voudrais pas lui gâcher ce plaisir ! »
« Aie non là je ne peux pas j’ai mal au cou là alors je vais m’allonger le temps que ça passe, je vous rejoins »,
Voire, si vraiment votre cher et tendre a oublié sa galanterie à la maison, sortez le grand jeu, et préparez vos yeux de Bambi : « Mais non, mais tu comprends je suis à bout moi, un petit weekend c’est tout ce que je demande et après ça repart. Là vraiment, j’ai besoin de lire tu vois. C’est pas que je veux pas m’occuper de Lutin, c’est juste que tu vois là j’en ai vraiment besoin de cette pause, vraiment, vraiment besoin ! Allez, je vous rejoins dans 30 minutes de toute façon. »

Bien sur ne revenez pas.
Dans les cas extrêmes, fuyez. Ils sont à la piscine ? Ayez « besoin » du grand air du large. Ils sont à la plage ? Ayez besoin de la douceur ombragée de la piscine (si parce que vous commencez « à avoir des coups de soleil », voyez-vous)
Et voilà.

Il en va de même pour la grasse matinée : « Comment ? Elle a pleuré et tu lui as déjà donné son biberon et vous êtes déjà prêts à sortir ? C’est fou ça, je n’ai rien entendu ! Tu vois j’en avais vraiment besoin de cette nuit de sommeil ! Allez-y va, je ne veux pas que vous perdiez du temps à m’attendre, je vous rejoins ! »
Vous l’aurez compris, la phrase clé est : « je vous rejoins ». Ca et partir sans laisser le temps de répondre.
Vous maitrisez ces deux armes, vous maitrisez tout.
Enfin en tout cas moi les weekends dans un resort avec un enfant hyper actif, franchement, même pas mal !

A la semaine prochaine !

Lilibelle

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