Chronique d’une mère indigne ou comment gérer la jungle que sont les crèches, les écoles etc…



Aujourd’hui Mère Indigne vous parle d’un sujet qui lui tient plus particulièrement a cœur surtout depuis une petite semaine pour être honnête : la brutalité à l’école.

La question est la suivante : n’y a t-il que deux catégories d’enfants a l’école ? Le tyran et sa victime ?
Car si l’on répond à la première question par l’affirmative alors une autre s’impose : vaut-il mieux que votre enfant soit le tyran ou la victime ?
Aucun des deux me direz vous ?
Mais cela n’a pas l’air d’être une option.
Ou plutôt s’il y a un terrain neutre ou votre enfant ni ne chercherait la bagarre ni ne la subirait, en tant que nouvelle dans ce métier de maman, je le cherche toujours.

Je vous fais partager mon expérience.

A chaque changement majeur à l’école, comme le remplacement d’une instit’ ou passer d’une classe à une autre, ma fille a tendance à réagir un tantinet volcaniquement.
Dans les 2 jours qui suivent le changement, vous pouvez être sure que je serai convoquée dans la classe pour une « cellule de crise » suite à diverses bagarres et mauvais comportements initiés par ma doucette chérie. Quand elle ne mord pas jusqu’à ce que bleu s’ensuive, elle pousse, quand elle ne pousse pas, elle gifle.

La première fois que cela s’est produit, je suis restée bête pendant un petit moment, essayant de comprendre comment mon petit bébé si gentil à la maison (bien que capricieuse), si généreuse et si avenante pouvait en venir à de telles extrémités.
S’en est suivi des remises en questions, des sermons à la petite après qu’elle soit rentrée de l’école, des promesses qu’elle ne recommencerait plus etc…

Bien sûr le lendemain les collègues en rigolent, et vous avec.

La deuxième fois je savais quoi faire et mon mari et moi avons pris des mesures plus drastiques, à savoir punition, longues explications à hauteur d’yeux, et lui répéter tous les matins le fameux « no biting, no fighting ».

La troisième fois j’ai été vraiment contrariée et ce sentiment ne m’a pas quitté pendant des jours ! Je ne savais plus vraiment quoi faire, puis j’ai décidé que certes ma fille était encore petite, mais qu’elle comprendrait très bien si je lui faisais part de mes émotions.
Alors je lui ai expliqué que si elle continuait à mal agir avec ses amis plus personne ne voudrait jouer avec elle, qu’elle allait être considérée comme la petite brute de service et finir son année toute seule dans son coin et que cela n’était pas un très bon départ dans la vie.
Mais en moi aussi il y avait cette pensée : si un enfant mordait mon Lutin de la même façon alors peut-être comprendrait elle combien cela fait mal et arrêterait elle définitivement. Apres tout, tous les parents à qui j’avais posé la question de savoir comment réagir m’avaient unanimement répondu la même chose : « la mordre en retour ». Sauf que je n’ai pas réussi à m’y résoudre alors j’espérais en quelque sorte qu’un enfant de son âge s’occuperait de faire son éducation à ma place.

Et puis finalement, à force de lui répéter la même chose tous les matins et peut-être aussi grâce au discours sur les risques de se retrouver à jouer toute seule, elle a arrêté.

Aujourd’hui, comme chez les AA, nous comptons les jours sans incidents «  Lutin, quelques années, 37ème jour sans avoir mordu ». Bravo !

Puis une nouvelle est arrivée à l’école.
Et là, la tendance s’est inversée : après s’en être pris à tous les camarade de la classe, comme pour faire son territoire, et n’ayant rencontré aucune résistance, la petite nouvelle a commencé à s’en prendre à la seule qui lui disait non : mon petit Lutin à moi.

Premier jour d’école du nouveau tyran : mon Lutin revient avec une belle grosse empreinte de dents dans la cuisse. « Bon, d’accord, un prêté pour un rendu, ça lui apprendra » dis-je à l’institutrice désolée.
Je passe les 2ème et 3ème jours où la petite est rentrée toute renfrognée et écorchée.

4ème jour d’école sous le règne du nouveau tyran : un énorme bleu sur le bras gauche. « MMM oui, d’accord. Bon, il va falloir voir ce qu’il se passe quand même, 2 fois en 2 jours ça fait beaucoup »
Rdv pris avec les instit’ et nous apprenons que la nouvelle essaie de tout s’approprier, que notre fille refuse de se laisser faire, que la nouvelle lui décoche donc des baffes… et que notre Lutin national ne réagit pas, endoctrinée qu’elle est par le quotidien « no biting, no fighting »

Mon mari essaie de faire communiquer les 2 petites têtues mais il est évident que le courant ne passe pas du tout ! Déjà, à cet âge !?

Cette histoire nous contrarie évidemment.

Et puis depuis 3 jours notre poupette décide qu’elle ne veut pas aller à l’école. Elle pleure de toutes ses forces, panique et ne veut pas que je la quitte.

On apprend qu’elles se  battent quasiment tous les jours et que la notre ne se défend pas.
Et là je vois rouge.
Je préfère partir et ne pas dire grand chose à part une platitude du genre « surveillez les mieux s’il vous plait et essayez de les faire jouer ensemble » plutôt que de laisser libre cours à mon instinct méridional qui la serait plutôt, je l’avoue honnêtement, d’aller hurler sur la petite brute, avec menaces si neéessaires (et qu’on ne me jette pas la pierre, je ne suis qu’humaine après tout) et de convoquer ses parents séance tenante.

Puis je réfléchis.
J’en fais même un dilemme.
Que dire à ma fille maintenant ?
Je ne veux pas qu’elle soit la brute, mais je refuse encore plus énergiquement qu’elle soit la victime, c’est humain là aussi. De plus chacun sait que répondre à la violence par la violence n’a jamais menée à rien si ce n’est plus de larmes et plus de drames.

Alors ?
Alors lui apprendre qu’il n’est pas bien de se battre mais qu’il ne faut pas se laisser faire ? Elle ne comprendra pas à son âge. Elle ne fera pas la différence entre attaque et défense.
Parler aux parents et trouver un terrain d’entente ? C’est ce que je m’apprête à faire cette semaine !
Car il est très probable que la petite nouvelle soit finalement aussi déboussolée et apeurée par ce nouvel environnement que ma petite l’a été lors des changements précédents ?

Et puis aussi, apprendre à la prunelle de mes yeux que dès qu’un problème arrive, il faut vite aller en parler « aux grands » au lieu d’essayer de faire face seule.

Je ne manquerai pas de vous tenir informer sur le succès (ou non d’ailleurs) de mes expérimentations.

La semaine prochaine, promis, ce sera plus léger !

Lilibelle

Vous aimerez aussi