Bien vivre son expatriation aux Emirats.

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Dubai Madame laisse aujourd’hui la « parole » à Sylvie Day, Consultante Interculturelle.


En tant que telle, Sylvie Day dirige Keys To The World, cabinet de conseil en communication et management interculturels qu’elle a créé après 14 ans d’expérience dans des grandes sociétés de conseil internationaux. Elle partage aujourd’hui son temps entre Paris, New York et Dubai en proposant ses services pour des multinationales sur des thématiques comme l’accompagnement de cadres expatriés et leur famille, la synergie d’équipes multiculturelles, la sensibilisation à l’interculturel, le développement du leadership à l’international ou le management à distance.

Sylvie sera présente au FBC le 24 Septembre pour le programme New Comer (nouveaux arrivants).


J’ai moi-même été conjointe accompagnatrice en suivant mon mari aux US et je sais à quel point il peut être difficile d’abandonner sa carrière dans son pays d’origine et de se réinventer et/ou élever des enfants dans un pays qui n’est pas le sien.
Il faut savoir que le conjoint est le premier facteur d’échec d’une expatriation : elle (ceux sont souvent les femmes, même si la tendance commence à s’équilibrer) abandonne son activité professionnelle le cas échéant et se retrouve femme au foyer. Certaines le vivent bien, d’autres moins. Souvent, le salarié expatrié va travailler beaucoup plus que dans son pays d’origine et passera moins de temps avec la famille qui, elle, ne connaît pas les us et coutumes du pays qui l’accueille et ne sait pas comment se construire un réseau social.
La barrière de la langue est aussi présente. La famille se sent donc en décalage.

Or il est prouvé que si l’épouse, qui est en quelque sorte  le « pilier » de la famille, ne va pas bien, les enfants ne vont pas bien  et le mari expatrié n’est alors pas performant au travail. De plus en plus d’entreprises ont pris conscience de cette difficulté qui génère parfois des retours prématurés et commencent à organiser des formations pour accompagner ces conjointes afin qu’elles retrouvent leurs repères, des points d’ancrages qui les rassurent comme un travail ou une activité et qu’elles puissent donner un sens à leur expérience.
Certes, les profils se diversifient : les jeunes couples sont de plus en plus nombreux à partir et le nombre de femmes expatriées a triplé en 10 ans. Elles représentent aujourd’hui 20 % des salariés en mission à l’étranger.

La formation que je vais animer au FBC traitera de ces sujets et des enjeux de l’expatriation. Par exemple, nous abordons les différentes phases d’adaptation dans un nouveau pays afin de faire prendre conscience aux expatriés qu’ils traverseront, comme tout un chacun d’ailleurs, une période de transition et qu’ils vivront un« choc culturel ».
A partir du moment où ils réalisent que cette étape est normale, l’intégration se fait plus facilement, les tensions potentielles au sein du couple se lèvent et les reproches et malentendus qui en découlent parfois laissent la place au dialogue et à l’empathie.
Les « expats » deviennent de ce fait plus proactifs dans leur intégration.

Ces ajustements nécessaires ne touchent pas que les nouveaux expatriés, certains « expatriés de carrière » c’est-à-dire ceux qui n’en sont pas à leur première expatriation, confirment passer par ces différentes étapes également et reconnaissent bien cette période de baisse de moral et d’énergie.
Le tout est d’être capable de l’identifier afin de minimiser son impact… et ne pas demander son rapatriement prématuré à la DRH, ce qui arrive dans 30% à 50%  des cas.

D’autres sujets qui seront traités lors de notre passage au FBC seront, entre autres, les différences culturelles et les problèmes de perception et de malentendus culturels.

Quand on arrive dans une ville qui, selon le Ministère des affaires étrangères, compte environ 13 % d’émiriens et 87% de ressortissants étrangers issus de pays comme l’Inde, le Pakistan, les Philippines et autres pays (les occidentaux représenteraient 3%) , on pense immédiatement à la richesse de cette diversité culturelle mais on peut aussi imaginer le nombre de préjugés qui peuvent exister.

Prenons par exemple le rôle de la femme : il est indispensable d’aborder les principes fondamentaux et les valeurs et croyances de la culture émirienne, mais aussi de rappeler le rôle et le sens de l’Islam, notamment dans cette partie du monde, ce qui nous amène à aborder les impairs à ne pas commettre quand on est expatriés à Dubai.

Le principal est de comprendre et d’observer la culture locale (ou plutôt les cultures) à travers leurs propres prismes culturels, c’est-à-dire d’interpréter toute situation selon le mode de pensée et de raisonnement des différentes populations que vous rencontrez ou avec lesquels vous travaillez.

Prenez par exemple le fameux Incha Allah.
Et bien il ne faut surtout pas le négliger ou le moquer car il reflète bien une valeur musulmane essentielle qui est celle du rapport à l’environnement : on ne peut pas prendre sa destinée en main (valeur américaine de l’anticipation), car c’est Dieu qui décide.
En d’autres termes, je ne sais pas si je vais pouvoir livrer les produits demandés dans les délais car tout peut arriver : un défaut de fabrication, un accident du transporteur, et il est difficile d’anticiper ce genre de difficultés. D’ailleurs, si je prétends pouvoir anticiper tous les problèmes de livraison, cela veut dire que je me crois supérieur à Dieu… Ceci est donc un sujet qui mérite réflexion et qui nous oblige à penser différemment.

Notre objectif est finalement d’éveiller la curiosité des expatriés, de susciter leur réflexion autour des différences culturelles et de les aider à développer les compétences et qualités personnelles nécessaires pour réussir leur intégration sociale, culturelle et professionnelle à Dubai, bref pour développer une intelligence culturelle dans un environnement résolument international.

Et ça ? C’est passionnant.
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Vous voulez en savoir plus ? RDV au Raffles Dubai Hotel, le 24 Septembre de 9h a midi.
Prix : 800 AED par membre (950 AED pour les non membres du FBC)

Sylvie Day

Test biographie

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