Yasmina Vally : passion théâtre.

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Si les divertissements culturels de qualité en anglais ne manquent pas à Dubaï, il y avait une grave lacune à combler en français. C’est ce à quoi Yasmina contribue, grâce à son énergie et sa passion pour le théâtre.

« Je ne peux pas vivre sans théâtre », le ton est donné !
Yasmina est une passionnée et c’est grâce à sa ténacité que les habitants francophones de Dubaï ont eu la chance de voir 2 classiques du théâtre français sur les planches, Le père Noel est une ordure en 2011 et Tailleur pour dames de Feydeau en 2012.
Il n’y avait pas de troupe de théâtre francophone à Dubaï quand elle y est arrivée en 2008, qu’à cela ne tienne,  elle a monté sa propre école de théâtre et  c’est comme ça que sont nés « Les Apprentis Comédiens ».


Comment vous est venu le « virus » du théâtre ?
Quand j’avais 12 ans, en voyant ma première pièce sur scène à la Réunion, c’était Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, que je rêverais d’ailleurs de jouer un jour !
Ensuite, comme d’autres petites filles font de la danse, j’ai fait du théâtre et moi qui était de nature plutôt timide, je me suis toujours sentie bien sur scène.

Vous avez vécu votre jeunesse à la réunion, mais vos origines sont encore plus à l’est …
Oui, mes arrières grands parents ont quitté l’Inde pour venir s’installer à Madagascar qui était à l’époque une colonie Française. Mes parents sont donc venus faire leurs études supérieures dans le sud-ouest de la France où ils se sont rencontrés, puis mon père, qui est médecin, a trouvé du travail à la Réunion où nous sommes partis vivre quand j’avais 2 ans.
J’y ai vécu toute mon enfance avant de revenir moi-même faire mes études en France métropolitaine.

Des études de théâtre ?
Pas seulement, car mes parents voulaient que j’ai « un vrai métier » et avec le recul ils avaient raison, car j’adore mon travail et même si c’est parfois fatiguant de combiner les 2, je suis ravie que le théâtre reste pour moi un hobby, une passion et non un moyen de gagner ma vie.
J’ai donc fait une prépa,puis une école de commerce en continuant le théâtre amateur  et quand j’ai commencé à gagner ma vie, je me suis inscrite au cours Florent, en cours du soir.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le rôle de metteur en scène ?
J’aime pousser chacun des apprentis comédiens à donner le meilleur d’eux-mêmes. Car même quand on maîtrise la technique, le théâtre reste une sorte de thérapie, un exercice pour lequel il faut sortir ses tripes, donner de soi et c’est parfois difficile. Être sur scène, c’est s’exposer et il faut accepter de donner toujours et plus, mais certains blocages reviennent au galop.
Je dois donc leur donner des conseils techniques mais aussi les mettre en confiance, les stimuler ou  les rassurer selon les cas, c’est un exercice passionnant. Par contre il y a,pour moi qui adore jouer et être sur le devant de la scène,aussi un coté frustrant et parfois …je les envie !

Quels sont vos comédiens préférés ?
J’aime beaucoup Sophie Marceau et Jean Reno, pour leur charisme incroyable. Pour les comédiens de théâtre c’est  Philippe Caubère que je trouve épatant (pour les non-initiés, c’est lui qui jouait Molière dans le film éponyme d’Ariane Mnouchkine, ndlr).

Justement coté cinéma quel style aimez-vous ?
J’aime beaucoup le cinéma Français, et malheureusement ici à Dubaï on n’est pas très gâtés. J’adore les films d’art et d’essai, quand je vivais à Paris, je ne manquais jamais le festival « le goût du court » au cinéma Balzac (cinéma d’art et d’essai près des Champs Elysées ndlr). On pouvait visionner plusieurs courts métrages, discuter avec les réalisateurs ou les comédiens et voter pour le meilleur film!

Grâce à son calme, son approche ouverte et intelligente, Yasmina fait fi des difficultés qu’engendre la mise en scène d’une pièce avec une troupe d’amateurs qui, même lorsqu’ils sont doués ont (comme elle d’ailleurs !) leurs contraintes professionnelles et familiales.

En effet, du choix de la pièce à la répartition des rôles, en passant par l’adaptation des attentes au niveau des élèves et l’organisation des répétitions,il faut faire preuve de souplesse sans pour autant compromettre la qualité, être à la fois exigeante et arrangeante, ce à quoi elle excelle, comme en témoigne la dernière représentation  qui a eu lieu au Fridge le 21 septembre …à guichets fermés !

Bravo à Yasmina et sa troupe, qui sont devenus des amis en plus d’être des élèves et vivement juin pour la prochaine représentation de ceux qui se nomment modestement les Apprentis Comédiens et font vivre la culture théâtrale Française à Dubaï.

Véronique Talma

Test biographie

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