Les Meilleures Intentions du Monde- Un roman Français sur Dubai

alt « Les meilleures intentions du monde », écrit par Gabriel Malika, est un livre dont le personnage principal est Dubai. Dubai telle que nous la connaissons mais aussi telle qu’elle est vécue à travers d’autres, si loin et pourtant si proches de nous. « Les meilleures intentions du monde » raconte l’histoire et le destin de ses personnages à travers une riche mosaïque de cultures, de traditions et de parcours si différents qui font si bien la Dubai d’aujourd’hui ou l’histoire d’un pari fou, celui de devenir la destination interculturelle par excellence vers laquelle convergent des hommes et des femmes de tous profils, de toutes nationalités, de tous horizons et de toutes croyances pour saisir la chance unique qui leur est offerte de se réaliser. alt Rencontre avec son auteur, Gabriel Malika. Dans votre livre tous les personnages viennent à Dubai pour rencontrer le succès et ils y arrivent tous. C’est l’image que vous avez de Dubai, qu’elle peut encore être un eldorado ? Pourquoi ne pas avoir pris quelqu’un qui ne s’en sort pas, ou encore une maid ou un worker ? Oui bien sûr Dubai peut offrir tant d’opportunités encore ! Quant aux destins plus modestes, beaucoup de ces personnages sont des personnages secondaires : la maid dans  le chapitre sur Saeed tient un rôle très important par exemple. Mais la raison pour laquelle je n’ai pas écrit plus en détail sur les maids est que quelqu’un l’a déjà fait mieux que moi. Les indiens quant à eux sont omniprésents : sur le bateau, dans l’agence de pub… Je n’ai pas fait non plus un chapitre sur la prostituée pour une question de respect et de convenance, je ne voulais pas que ce livre finisse en un essai voyeur même s’il est vrai que j’effleure le sujet avec la modèle iranienne. Il vous a fallu combien de temps pour écrire ce livre ? Environ un an et demi en comprenant toutes les recherches et les interviews, ce qui d’ailleurs est la partie la plus passionnante. Finalement le plus long c’est de se faire publier. Pour vous ce livre, délibérément positif, est vraiment représentatif de ce qui se passe à Dubai ou est-ce votre propre point de vue ? Les gens qui m’entourent aiment Dubai et peu la critiquent finalement. Je pense que les gens savent que ce pays en terre d’Islam se bat pour offrir quelque chose d’unique et ceux qui l’ont lu sont plutôt contents qu’il y ait un livre qui parle positivement de Dubai. Quel est le but derrière la publication de ce livre ? Que les gens qui ne connaissent pas Dubai le prennent comme une bonne indication de ce que c’est réellement en dehors de l’image superficielle que l’on donne de l’Emirat. Dubai n’est pas parfaite et c’est pour ça qu’on l’aime. Dubai prend le risque d’exposer ses cicatrices et ce livre, s’il n’a qu’un mérite est de montrer une ville réelle, humaine et non pas une cage dorée : il en montre les imperfections. Vous avez écrit ce livre comme un hommage à Dubai alors ? Exactement. Je ne sais pas quel sera mon prochain poste mais c’était une façon de dire merci et aussi de tourner la page : en écrivant ce bouquin je dis j’ai vécu, j’ai aimé, je peux partir… Mon rêve d’ailleurs serait de faire 10 ans dans un pays et d’en repartir en écrivant un livre hommage comme un remerciement à la terre qui m’aura accueilli pendant un temps et fait découvrir plein de choses. Rentrons un peu plus dans l’histoire même du livre : pourquoi le seul couple heureux et qui semble durer est aussi le seul couple mixte formé par Sharon, l’américaine et Omar, l’émirati ? Je voulais donner une note d’espoir avec ce livre. Ici, toutes les différentes ethnies vivent les unes à coté des autres ce qui dans le livre est transposé sur une plateforme commune qui est le bateau. Puis ils se retrouvent à la fin car il y a eu une catastrophe qui les réunit. Et justement à la fin du livre il y a une très forte note d’espoir qui réside en ce que Dubai est en train de réaliser un véritable melting pot. Quand on y pense Dubai a pris beaucoup de risques en terre d’Islam et en terre arabe et a dû faire beaucoup de compromis afin de montrer une ville ouverte sur le reste du monde. Le message de Dubai est de communiquer au monde cette envie d’ouverture et d’accueil. Et cela se réalise tout seul,  notamment par le biais des mariages mixtes. C’est pourquoi le seul couple heureux du livre doit être mixte car c’est mon message aussi, celui que Dubai permet une belle combinaison des cultures. Enfin, j’ai interviewé huit femmes pour ce chapitre et finalement c’est le récit de l’américaine qui m’a le plus touché. C’est pourquoi c’est elle qui est avec l’émirati et pas une anglaise, une russe ou une philippine. Vous avez interviewé beaucoup de personnes pour écrire ce livre ? Oui ! Selon les chapitres j’ai vu entre deux et dix personnes. Mais par exemple pour le personnage de Samana,  la pakistanaise, j’ai rencontré une seule femme qui m’a servi pour 80% du chapitre et pour le reste j’ai lu sur le Pakistan et sur Peshawar. Pour le libanais, j’ai fait énormément de rencontres au cours de mon séjour, et puis j’ai vécu au milieu des publicitaires libanais aussi. C’est acidulé pour le libanais d’ailleurs. C’est réaliste. J’ai une véritable affection pour le Liban et pour les Libanais. Dans le livre je ne suis pas tendre mais en même temps je ne condamne pas le personnage car finalement on voit sa vulnérabilité à travers son énorme déception sentimentale. En parlant de sentiments, le sexe est assez présent dans le livre dans le sens où la sexualité semble toujours être au cœur du développement des personnages, non ? Oui c’était voulu car je trouve que dans cette région le sexe est omniprésent. Il y a une tension du fait qu’il y a beaucoup d’interdictions et du fait qu’il est très difficile aux hommes et aux femmes de se rencontrer. Finalement à force de cacher, d’interdire, etc. on fait du sexe une obsession. Et l’exemple le plus fondamental de ce que je voulais expliquer c’est finalement à travers le saoudien qui illustre le paroxysme de la frustration sexuelle laquelle le mène à des circonstances dramatiques. A trop réprimer et à trop contraindre on risque l’effet cocotte minute Vous pensez à la religion quand vous parler de brimer ? Non parce que je pense que si on lit correctement le Coran, ce que j’ai fait, le problème n’est pas religieux. Il réside plutôt dans l’interprétation et l’usage des textes. Et on le voit à travers Omar, l’émirati, qui n’est que tolérance. J’aime beaucoup Omar ! La religion tient donc une part importante dans le livre. Elle l’est pour vous, dans votre quotidien ? Elle l’est oui, car j’ai une éducation religieuse, j’ai été baigné dans l’éducation Judéo Chrétienne depuis toujours. Et ce que j’aime à Dubai c’est qu’elle a mis ma foi à l’épreuve car en lisant le Coran et en rencontrant beaucoup de Musulmans j’en suis arrivé à m’interroger sur ma propre religion et sur ma propre croyance. Et c’est vrai que maintenant il y a des choses que je ne serai plus prêt à faire pour ma religion. Par exemple je ne pourrai plus aller à confesse parce que je trouve que les Musulmans ont raison : s’il y a un Dieu Tout Puissant et qu’on y croit alors il y a un lien direct entre Dieu et nous. Il ne devrait pas y avoir d’intermédiaire. Vous considéreriez vous convertir à l’Islam ? Non. Même pas par amour, comme Sharon qui le considère dans votre livre ? Par amour je le ferai si. Car si je devais m’unir à une femme Musulmane la question des enfants se poserait très vite. Le fonctionnement de l’Islam et ses cinq prières font que l’Islam est un système de vie. Donc si vous ne vous convertissez pas vous allez perdre des moments précieux avec votre famille. Donc ma conversion serait plus dans ce but de resserrer les liens de la famille que par conviction religieuse. Car finalement je suis très attaché à ma culture judéo chrétienne. Mais pour finir sur ce sujet, pour moi toute religion qu’elle soit chrétienne, islamique, judaïque est une religion du livre, et nous croyons tous en un Dieu unique. Pour le reste… il ne s’agit que d’interprétation. On voit que vous aimez beaucoup Dubai, alors pourquoi lui imaginer un tel scénario catastrophe ? Cette catastrophe est une métaphore de la crise. Je voulais montrer une Dubai clinquante puis la chute apportée par la crise et enfin comment après tout ça Dubai redevient presque normale et a pansé ses plaies. Dans le livre on découvre une Dubai qui finalement est très humaine et ce à travers justement une grande blessure. Je voulais qu’avec ce qui se passe à la fin, le lecteur se rapproche d’elle encore d’avantage parce qu’il la sait vulnérable. Pour finir que diriez-vous pour donner à nos lectrices l’envie de lire « les meilleures intentions du monde » ? Ceci : si vous voulez vivre Dubai par les yeux d’un autre et vous retrouver dans la peau d’un de ces personnages que vous avez croisé sans jamais oser lui parler alors je pense que ce le livre peut vous apporter quelque chose car c’est une façon de découvrir Dubai autrement. Si vous abordez le livre de cette manière c’est merveilleux pour moi. Car ce que je voulais communiquer c’était la vie à Dubai dans la peau d’un libanais et son rapport au succès, d’une superbe iranienne avec sa culture chiite, d’une pakistanaise avec ses contraintes familiales et le système patriarcal, etc. Mon message : puisque Dubai permet que nous vivions tous les uns à coté des autres, allez à Safa Park, allez à Satwa, échangez des brochettes avec vos voisins, vivez la chance qui nous est donné de comprendre d’autres cultures et d’autres religions. Vous pouvez trouver « Les meilleures intentions du monde » chez Virgin, de Kinokuniya et Culture & Co. Actualités 2012 de Gabriel Malika: Lancement du livre à Paris le 12 avril à 19h au Seize Neuf, rue de Chateaudun.   Dédicaces: Centre Franco-Omanais le 18 avril Intervention à l’Alliance Francaise de Beyrouth le 16 mai Intervention à l’Alliance Francaise d’Abu Dhabi le 24 mai

La Rédaction de Dubai Madame

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