Les coups de cœur littéraires de la rédaction.


Nos rédactrices vous dévoilent ces livres qui les ont faites pleurer, les ont subjuguées, faites réfléchir ou simplement touchées.

« Les femmes et la littérature… Un sujet tellement vaste qu’il est difficile d’y répondre d’un jet.
Qu’elle soit auteure, héroïne ou muse, la femme a toujours eu une place de choix dans les écrits des plus grands. » Sofia Benjelloun Amri


Sofia Benjelloun Amri- rédactrice pour les rubriques  « Beauté » et « Guide d’expat »

Parmi les œuvres qui m’ont le plus touchée, j’aurais pu vous citer l’indémodable Comtesse de Ségur qui a accompagné toute mon enfance. Je me suis parfois identifiée aux petites filles modèles Camille et Madeleine et plus encore à la turbulente Sophie dont les malheurs ressemblaient aux miens…
Plus tard, je souffrais avec Anne Frank et je m’émouvais de la situation d’Helen Keller. À autre âge, autre référence… Durant mon adolescence, ce fut au tour de Juliette (celle de Roméo) et de Mme Bovary de me faire rêver. Je m’imaginais sacrifier ma vie sur l’autel de l’amour…
J’ai eu ma période féministe grâce au Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir et à Olympe de Gouges auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Depuis, je me plonge régulièrement dans les écrits de femme qui sont une source d’inspiration inépuisable (Manon Lescaut, les caprices de Marianne, Anna Karénine…) mais qui sont aussi des plumes particulièrement émouvantes.
J’en suis donc à ma période « Histoires vraies », et quoi de plus émouvant que de mettre des mots sur des souffrances d’une femme violée, victime d’inceste ou d’excision, kidnappée ou torturée?
Mais plus que cela, ce sont les récits de femmes battantes et engagées qui m’inspirent. Celles qui représentent les Lara Croft des temps modernes et qui, par la seule force de leur volonté, parviennent à se soutirer de situations désespérées.
Je pense ainsi à « Jamais sans ma fille » de Betty Mahmoody, publié en 1987.
C’est un roman particulièrement émouvant car j’imagine la douleur de cette femme vivant avec la peur quotidienne non de mourir, mais de se voir privée de sa fille. Elle aurait pu s’échapper 100 fois, 1000 fois seule, chose qu’elle a toujours refusée pour ne pas être séparée de la chair de sa chair.
Un roman qui donne à réfléchir, qui vous éloigne des futilités de la vie pour vous rapprocher de ce qui est le plus important dans la vie : La liberté ! 
Un roman qui parle d’une femme dans toute sa splendeur et dans toute sa beauté, lorsqu’elle puise dans sa fragilité pour en faire une force…
« JAMAIS SANS MA FILLE » de Betty Mahmoody
Pour qui ? Toutes celles qui aiment lire des histoires émouvantes et autobiographiques qui ne versent pas dans le pathos.


Sandra- Rédactrice mode

« Deux petits pas sur le sable mouillé » de Anne-Dauphine Julliand.
Le livre m’a bouleversée et aussi beaucoup aidée dans le processus de faire le deuil de mon enfant car c’est un hymne à la vie, et un rappel pour nous toutes qu’il faut toujours croire et avoir la foi…





AC- rédactrice pour la rubrique « Sortir »


« Beloved » de Toni Morrison. L’histoire d’une femme noire qui échappe à l’esclavage aux Etats-Unis – mais à quel prix? La narration est poignante, entrecoupée de flashbacks. En tant que lecteur il faut s’accrocher pour suivre, mais l’effort qu’on fait pour recréer soi-même les faits et l’univers de la servitude fait qu’on ne peut rester indifférent à ce roman. Il faut le lire en anglais pour pleinement apprécier le tour de force de Toni Morrison, la première femme noire, et la huitième femme tout court, à avoir reçu le prix Nobel de littérature, qui nous plonge dans la langue et le folklore des esclaves américains, leurs moments de tendresse et leur réalité impitoyable.


Sandrine- Rédactrice pour une toute nouvelle rubrique à venir.


Voici mon petit coup de cœur. Un peu particulier ….
En honneur à la journée de la femme j’ai choisi :  »la voie de l’éternelle sagesse  »de Khalil Gibran.
Gibran est  pour moi le messager de nos pensées parfois ensevelies.
Ci-joint un extrait de son œuvre dans lequel chacune de nous se reconnaitra :
« La femme que j’ai aimée est pareille aux femmes à qui vous donnez vos cœurs. Elle est étonnamment belle. Elle a la douceur de la colombe, la ruse du serpent, la grâce vaniteuse du paon, la cruauté du loup, la beauté du cygne blanc. Son corps est fait d’une poignée d’argile et d’un gobelet de mer. »

Rim Touili- Rédactrice pour les rubriques « sortir » et « guide d’expat ».

« Fleur du Désert » de Waris Dirie
En ce jour de 8 mars 2012 dédiée à la Femme dans le monde, un livre me revient en mémoire, celui de Waris Dirie « Fleur du Désert ».
Originaire de Somalie, elle subit l’excision alors qu’elle n’est qu’une enfant âgée de 5 ans.
Promise à un vieil homme à l’âge de 13 ans, elle s’enfuit de chez elle, pour arriver après bien des péripéties à Mogadiscio où elle trouve refuge chez une tante.
Un de ses Oncles nommé Ambassadeur de Somalie à Londres l’emmènera, peu de temps après, avec lui en tant que domestique afin qu’elle s’occupe de toute sa famille.
Après 6 ans de dur labeur, son Oncle est contraint de rentrer en Somalie en raison du renversement du gouvernement Somalien et Waris qui signifie « Fleur du Désert » se retrouve seule à Londres.
Enchainant les petits boulots, elle sera repérée par le photographe Britannique Terence Donovan alors qu’elle travaille dans un « fast-food ».
Elle deviendra une Top Model très en vogue, icône noire des années 80-90 à l’image d’Iman, une Mannequin originaire d’Ethiopie.
Jusqu’en 2003, « Ambassadrice de bonne volonté » auprès des Nations, elle se bat encore à l’heure actuelle au sein de sa Fondation contre les Mutilations Génitales Féminines.
Pratiquée au temps des Pharaons, elle consiste en l’ablation du clitoris.  
Cette pratique d’un autre temps, interdite en Egypte est principalement concentrée dans les pays de la Corne de l’Afrique,  et a quasiment disparu des villes. Seuls quelques villages continuent de perpétuer cette tradition. De nombreuses associations, y compris en Afrique de l’Ouest mènent des actions en faveur de son éradication en proposant aux familles de prendre en charge l’éducation de leurs filles.
Ce fléau pourtant menace aujourd’hui des pays qui n’ont jamais connu par le passé de tels usages. Récupérée par des extrémistes religieux, un prédicateur Islamiste s’est rendu récemment en Tunisie pour y vanter ses mérites et a fait immédiatement l’objet de plaintes auprès de la justice émises par de nombreuses associations  afin qu’il soit condamné au plus haut niveau de l’Etat.
Considérée par le Droit International comme pratique dégradante et inhumaine, l’excision ne doit plus constituer un critère de respectabilité pour les femmes au XXIème siècle.

Maude Verliac- Prolifique rédactrice de nos rubriques « cuisine et déco », « micros-trottoirs » et « portraits de femmes » pour ne citer qu’elles.

FEMMES SI VOUS OSIEZ Le monde s’en porterait mieux, Aude de Thuin
« Aude de Thuin, fondatrice du Women’s Forum, offre un passionnant tour d’horizon sur la situation des femmes dans le monde actuel… » Aude de Thuin, née en 1950 et psychologue de formation, a créé de nombreux salons (Semaine internationale du marketing direct, l’Art du Jardin, Créations et Savoir-faire). En 2004, elle a fondé le Women’s forum for the Economy and Society, premier forum mondial indépendant d’inspiration féminine, dédié à la construction d’un monde plus équilibré.
Elle a également lancé le French Forum (première édition en mars 2012), pour donner à notre pays l’envie d’agir et d’innover.
»
Mon avis de lectrice : Je n’aime que les hommes et pourtant je n’ai été fascinée que par des femmes toute ma vie, sauf quelques fois  mais ils avaient une sensibilité féminine, mon père… Fascinée par ma grand-mère puis dans ma vie professionnelle par ces directrices de presse sachant hypnotiser un auditoire (au masculin souvent), buvant leurs mots du code couleur à établir pour la marque jusqu’à la signature de contrats aux riches honoraires…
Ces femmes ont le pouvoir et nous impressionnent, j’ai rêvé de leur force.
Aude de Thuin, femme de pouvoir dévoile son histoire, sa sensibilité et révèle une certaine fragilité attachante. C’est ce que j’ai aimé dans son livre, le revers du personnage inébranlable, par des mots comme :
« Je le comprends aujourd’hui, mais, à l’époque, je portais sur moi le regard que ma mère me renvoyait, c’est à dire celui d’un canard boiteux ».
C’est au Salon de l’Art du jardin  qu’elle avait crée que j’avais rencontré Aude de Thuin. Petite attachée de presse, à qui l’on promettait que « tout ce qui est petit devient grand » ; j’étais juste folle de m’amuser dans la soirée de lancement de l’Art du Jardin qui avait « un air de fête du Château de Versailles ». Aude de Thuin était là Reine de l’organisation et figure de l’événement où à nos yeux mêmes les plus grandes actrices présentes (Carole Bouquet, Sophie Marceau…) n’avaient pas son charisme ! Alors je lis son livre pour essayer de comprendre cette force en elle et son rayonnement. Son pouvoir,  comme  celui de ces femmes que j’ai rencontrées. Lire le livre d’Aude de Thuin pour comprendre comment ces femmes qui nous faisaient trembler d’admiration dans nos métiers se révèlent des femmes avec une histoire de famille, des batailles intérieures invisibles à nos yeux. Des phrases de ce livre comme « Je n’ai pas donné suite par manque de confiance en moi »… Nous laisse à penser qu’en fait on pourrait aussi essayer…
C’est le plus joli message de ce livre, Aude de Thuin se dévoile pour ouvrir la voie « Pour que la moitié de l’humanité puisse enfin participer à l’édification du monde de demain ».
Qu’est ce qui leur donne cette impulsion ? L’ambition ? L’ambition donne des responsabilités pour pouvoir agir sur le monde nous souffle Aude de Thuin. La possibilité de marquer de son empreinte une époque ? Est-ce cela la quête du pouvoir au féminin ? Plus honorable que celle au masculin ? Moi je ne suis pas sûre, même si la bataille est plus rude. Bémol à l’histoire de ce livre, je suis une lectrice moins dans la revanche de cette place au féminin, née dans une famille libre et après la bataille et très en paix avec la place de femme que j’ai aujourd’hui. Dans les chapitres qui suivent je sens la revanche d’une place à prendre au féminin… Mais ces femmes se sont battues pour nous…
Ce livre est indispensable à toute femme ! Et doit rester sur votre table de nuit quand vous doutez de vos forces… Une bombe au féminin !

Un livre d’actualité avec lui aussi de nombreuses références à des études récentes et un chapitre choc : la crise, une chance pour les femmes ?
Dans ce livre, Aude de Thuin cite une autre femme fascinante, Françoise Giroud et là je passe la main à celle qui voudra bien parler de ce livre : Françoise par Laure Adler paru aux éditions Grasset en 2011 (Biographie Grasset). Une autre bombe !

Veronique Talma- grande prêtresse de notre rubrique « portraits de femmes » et de « dis-moi Latifah »

Un livre écrit par une femme, à propos d’une femme,  pour la journée de la femme ? …« Françoise » de Laure Adler !
Une belle biographie de Françoise Giroud, qui se lit agréablement, que l’on apprécie ou pas cette forte personnalité. Laure Adler a fait un excellent travail de journaliste grâce auquel elle nous révèle habilement les forces et les faiblesses de cette grande femme, même si elle reste très complaisante  à l’égard de ses défauts (rappelons qu’elles sont toutes les deux issues du même sérail : gauche caviar intello !).
Mais en retraçant la vie bien remplie de cette « workaholic », Laure Adler passe aussi en revue le monde politique du siècle dernier, nous raconte la naissance de deux grands magazines (Elle et L’express), la collusion entre la politique et les médias….

Un autre « must read » quand on vit dans un pays musulman, « Aicha, la bien aimée du prophète »  de Geneviève Chauvel.
G. Chauvel est aussi journaliste et elle retrace dans ce livre (bien référencé et validé car préfacé par le directeur de l’Institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris), l’histoire du prophète vue au travers de la vie de sa deuxième femme. On apprend beaucoup et on comprend mieux les origines de cette religion.


Pour finir, comme tout le monde cette année (comment pas vous ? 😉 j’ai lu le dernier roman de Delphine de Vigan « Rien ne s’oppose à la nuit ».
On m’en avait dit le plus grand bien, j’avais donc peur d’être déçue et ce ne fût pas le cas ! L’auteur, en racontant avec beaucoup de délicatesse (et de scrupules aussi) la vie tumultueuse de sa mère,  nous livre une saga familiale haute en couleur, sans jamais chercher à juger ni blesser personne.
C’est facile à lire, même si divers drames familiaux s’y jouent (en partie à cause d’un gêne de psychose maniaco-dépressive  qui y sévit dans la famille) car d’une part D. de Vigan écrit très bien, dans un style élégant sans ostentation, et  surtout elle ne cherche pas à y régler ses comptes. Elle essaye d’être honnête et objective avec elle-même et sa famille, tout en convenant avec lucidité et modestie que c’est un exercice bien difficile, dont à mon avis elle se tire avec élégance, mis à part quelques longueurs.

Bonne lecture !

La Rédaction de Dubai Madame

Test biographie

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