Interview de la vocaliste de jazz, Laïka Fatien, ce 21 Octobre à Dubai

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L’Alliance Française de Dubai vous propose, chaque mois, d’en savoir un peu plus sur ces artistes talentueux qui viennent nous éblouir sur la scène de Dubai.

Ce mois-ci, Interview de Laïka Fatien


Vocaliste de jazz, Laïka Fatien joue avec art de son timbre sensuel et voilé. Actrice de comédies musicales, elle scande les mots avec la même dramaturgie qui caractérisait Billie Holiday.

La qualité de ses quatre albums parus entre 2006 et 2012, servis par de prestigieuses collaborations (Jay Newland, Gild Goldstein, Meshell’Ndegeocello, Roy Hargrove…), en atteste: Laïka Fatien compte au rang des grandes chanteuses de jazz.

A l’occasion de l’anniversaire de Billie Holiday, la chanteuse comédienne rend hommage à Lady Day et sa voix nous envoûte par sa sensualité, son ampleur, son sens du texte et de la musique.


Vous avez été élevée par des femmes: votre mère, votre grand-mère… Pensez vous que cet environnement féminin ait eu une influence dans votre choix pour le jazz?


Il est possible que ces femmes aient eu une influence sur mon choix de reprises qui s’est tout de suite porté sur des chanteuses, mais je ne pense pas qu’elles m’aient influencé par rapport au jazz car nous écoutions aussi d’autres styles musicaux, comme du flamenco (mon grand-père étant espagnol), des chanteurs français comme Yves Montand, Léo Ferré et Charles Aznavour, mais surtout de la musique oriental. J’ai été bercée par Oum Kalthoum, que ma grand-mère marocaine adorait.


Vous avez joué avec des grands artistes de jazz, parmi lesquels le pianiste Robert Glasper. Comment avez-vous rencontré ces artistes? Que retenez-vous de ces performances avec les grands noms du jazz?


J’ai surtout été marquée par des personnes comme Brian Blade, Jon Cowherd, Christopher Thomas, Melvin Butler et Myron Waldon qui forment le groupe « The Fellowship Band » avec qui j’ai eu l’honneur de jouer il y a 2 ans au Massey Hall (Toronto) à l’occasion de l’anniversaire de Joni Mitchell. Ils incarnent la musique de façon unique. Brian m’a aidé à pousser certaines limites. J’ai appris en quelques heures, un morceau de Joni Mitchell que je n’avais jamais entendu et que je devais chanter le soir même… Cette fabuleuse expérience m’a montré qu’il fallait toujours être prête à s’adapter.


Autre magnifique rencontre, celle avec Meshell Ndegeocello.

C’est une des musiciennes que j’admire le plus et j’avais depuis longtemps envie de travailler avec elle. En dehors de sa musique et de sa façon de concevoir la musique il y a chez elle quelque chose de marginal qui m’attire. Je ne savais pas exactement ce que j’attendais d’elle lorsque je lui ai demandé de produire mon album. J’ai apporté de la matière première et me suis lancée dans le vide avec le besoin de changer quelque chose et « Nebula » a été pour moi une renaissance.

Avec Meshell, vous n’avez pas d’autre choix que de lâcher prise, d’être honnête avec vous-même. Elle a fait ressortir en moi une douceur que je ne connaissais pas ou que j’avais oublié de laisser s’exprimer. On a tous été blessés, et chez moi ça avait déclenché – pour me défendre – le fait de croire qu’être douce c’est être faible. Grâce à elle j’ai compris que la douleur n’est pas nécessairement la meilleure source d’inspiration. A présent, je m’autorise un peu plus de légèreté.


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De concerts en concerts vous voyagez beaucoup, notamment en Asie. Cette vie d’expatriée vous convient-elle? Aviez-vous déjà joué au Moyen Orient?


J’ai besoin de voyager, d’aller voir ailleurs. Lorsque je me suis installée au Japon avec mes fils, c’était aussi parce que je n’en pouvais plus de ma vie madrilène puis parisienne. C’est ça qui compte avant tout : on cherche un endroit pour vivre, pour être bien. Les possibilités de jouer, on ne les connaît jamais à l’avance et on peut rester à Paris par exemple, et ne pas en trouver facilement.


Je suis venue à Dubaï à 3 reprises. En vacances il y a 4 ans, puis l’année dernière dans le cadre du Cavalli Club au Fairmont Hotel, pour l’inauguration de la Jazz Room.


Retrouvez Laïka Fatien en concert à Dubai, le 21 Octobre, au restaurant Le Frioul, Souk Madinat Jumeirah
Contacter le 04 567 00 11 pour réservation.

Tarif: 150 AED incluant le repas et un verre de vin

La Rédaction de Dubai Madame

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