Erwan Charpy : du pur-sang …dans les veines !

alt Sa vraie nature, c’est plutôt la discrétion que les spot lights, ses valeurs, l’amitié et la fidélité plutôt que les mondanités, le travail en profondeur plutôt que le tape à l’œil…pourtant lorsqu’il  côtoie certains  grands de ce monde à Ascot ou lors de la World Cup à Dubai, il porte aussi très bien frac et haut de forme ! Sur les rencontres qu’il fait dans son métier, il reste discret, par contre, il a toujours des étoiles dans ses yeux bleus de breton lorsqu’il parle d’un cheval  qu’il aime et c’est sans doute cette passion qui le motive pour se lever tous les jours… vers 4 h du matin ! En effet, la journée d’un entraineur de chevaux de courses commence tôt, très tôt, car bien que ce soit lui le boss, il ne rate jamais  l’entrainement du premier lot, à 5 heures ! C’est là, dans la relative fraîcheur matinale, en même temps que le lever du soleil, qu’hommes et chevaux donnent le meilleur d’eux-mêmes sur la piste, sous l’œil du maître à qui, même lorsqu’il parle d’autre chose, aucun détail n’échappe quand l’un de ses chevaux passe devant lui. alt Car ici c’est de l’aristocratie du quadrupède qu’il s’agit,  l’optimisation prime ! Ces magnifiques chevaux sont avant tout des athlètes de haut niveau et comme ces derniers, ils bénéficient des dernières avancées en matière de soins, de diététique et d’entrainement. Dans ce métier il n’y a pas de place pour l’ « à peu près » ou le médiocre, la perfection est le mot d’ordre, les moyens sont importants et les attentes élevées. Rien n’est laissé au hasard surtout pas le potentiel gagnant de la prochaine course ! Pourtant là encore, malgré le travail assidu rien n’est jamais gagné d’avance, ces chevaux sont des mécaniques fragiles, ils ont aussi leurs états d’âme (beaucoup d’ulcères de stress chez les chevaux de courses !) et c’est grâce à un mélange d’expérience et d’intuition qu’Erwan sait prendre les bonnes décisions et obtenir les performances attendues le jour  « J » par les propriétaires de ces onéreux quadrupèdes. Erwan est donc le chef d’orchestre de cette PME d’un genre un peu particulier : « Green Stables », ces écuries situées un peu à l’écart de l’agitation de Dubai, dans un écrin de verdure idyllique (on se croirait presque en Normandie) à quelques foulées de l’hippodrome de Meydan. Il y règne un silence feutré, une propreté et un ordre impeccable, alors qu’une quarantaine de personnes s’affairent dans le calme, chacun vaquant à sa tâche pour le bien être et la performance des 75 représentants de cette élite de la race chevaline. Chacun sait ce qu’il a à faire et peu de mots suffisent à Erwan pour se faire comprendre de ses collaborateurs. Parfois  un regard ou un geste seulement et le groom ajustera les soins, la monte ou la diète du cheval concerné. alt A coté de ce quotidien serein, mais qui ne connaît aucun répit (pas de weekend, ni de vacances) se surajoute l’excitation des courses, parfois au rythme de 3 par semaine pendant la saison. L’adrénaline de la compétition fait presque oublier la débauche d’énergie et  la logistique investies dans chaque course. Celui qui n’a jamais été au bord de la lisse d’un champ de course à l’arrivée du peloton lorsque le grondement des sabots couvre les acclamations des tribunes, ne peut comprendre complètement l’émotion dont je parle !  Mais comme dans tout métier, il y a aussi un coté moins glamour, les sollicitations permanentes, avec une quantité infinie de détails à régler ou de décisions stratégiques à prendre, pour l’écurie au sens large et pour chaque cheval en particulier. Mais au fait, comment devient-on un des entraineurs des chevaux de HH Sheikh Mohamed, qui est l’un des (si ce n’est LE) plus important propriétaire de pur-sang au monde ? Sans doute en étant parmi les meilleurs et ceci à force de volonté, de travail et de passion.   C’est vrai qu’il avait la passion des chevaux dans le sang puisque qu’il est issu d’une dynastie de directeurs de ces fleurons de l’élevage français que sont les Haras Nationaux (Saint Lô et Le Pin pour ne citer que les plus prestigieux). C’est ainsi que le petit Erwan a vécu toute son enfance dans de magnifiques endroits, toujours entouré de chevaux. Mais, alors que ses copains d’école sont devenus, 30 ans plus tard, nos cavaliers olympiques de saut d’obstacle, lui choisira une autre voie. Tout en poursuivant des études de biologie et d’agronomie, il va bifurquer vers le monde des courses et faire des stages à Chantilly (le haut-lieu des chevaux de course en France). Après son service militaire à Saumur,  il traverse la manche, et lui qui ne parle pas un mot d’anglais, s’engage comme apprenti entraineur dans l’une des plus prestigieuses écuries de Grande Bretagne. Durant les 3 ans qu’il y passera, il aura l’occasion d’échanger quelques mots avec tous les propriétaires de l’écurie, dont …la reine d’Angleterre ! Déjà, sous ses airs discrets le jeune Erwan sait ce qu’il veut, il a une passion dont il veut faire son métier et se donner les moyens d’en apprendre les meilleures ficelles. A l’époque, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, les nouvelles techniques se développent outre-Atlantique. Qu’à cela ne tienne, Erwan part en Californie dans une autre écurie prestigieuse pendant 2 ans. Là-bas, il apprend beaucoup et ajoute une touche de modernité et de technicité aux méthodes d’entrainement classiques de la vieille Europe qu’il maîtrisait déjà. Il est maintenant prêt à voler de ses propres ailes et avec son épouse il installe sa propre écurie … à Chantilly. On pourrait croire que la boucle est bouclée, mais c’est sans compter sur le fait que ses qualités avaient déjà été repérées par un acteur majeur du monde des courses, HH Sheikh Mohamed, qui le choisi pour venir à Dubai y entrainer ses chevaux ! Erwan n’a pas froid aux yeux et se lance dans l’aventure en s’installant à Dubai en 1994, avant d’y faire venir sa famille. Cela fait donc 18 ans que les Charpy y sont installés, un record pas inégalé …mais respectable ! Avec le recul, ce qui au départ était un challenge, quitter le confort et la verdure de Chantilly pour le désert, fût une réussite. Et ce, non seulement pour Erwan, qui fut sacré champion des Emirats en 2000, mais aussi pour ses 3 enfants et sa femme qui y a fondé, avec succès, sa propre entreprise et mériterait aussi à ce titre un portrait dans Dubai Madame ;)… mais chez les Charpy discrétion et efficacité vont de paire ! Quand on vit à Dubai depuis 18 ans et que l’on connaît tout ou presque qu’est-ce qu’on aime en 2012 ? – pour soirée relax : le Jetty lounge du One & Only Royal Mirage – mon resto favori : Zuma au DIFC – côté fringue rien de trop fancy :  Massimo Dutti ou Saccor – comme loisir : aviron sur la crique avec Monty (à côté de Al Boom village) – pour un peu d’extra-adrénaline : Sky dive ! Enfin pour ceux et celles qui aiment les chevaux, je vous recommande de jeter un coup d’œil sur le lien suivant, de bien belles images prises aux Green Stables ! http://www.youtube.com/watch?v=W4XpT-G4uhs&feature=youtube_gdata_player

Véronique Talma

Test biographie

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